Entreprises

Les communes ont des moyens financiers limités. Et les maires, pour faire reculer l’insécurité, qui est un sentiment, ou la délinquance, qui est un fait, pourraient dépenser cet argent non-magique avec intelligence : repérer les personnes en difficulté, financer des aides aux plus précaires, des emplois, du soutien scolaire, des structures d’entraide associatives ou municipales, des médiateurs et des animateurs, des psychologues et des conseillers, et même des policiers municipaux, sans armes, qui se promènent dans la ville, qui viennent parler, connaître les gens, les voir grandir, écouter leurs problèmes, les guider, les aider.

Bien sûr, les maires font un peu tout cela. Mais tout cela suppose de la patience, des relations humaines compliquées et fatigantes, des résultats incertains, un travail toujours recommencé. Ce n’est pas très efficace quand on veut communiquer sur son audace et se faire élire de nouveau.

Alors, quand quelqu’un arrive en proposant une « solution », les maires l’écoutent. Et ce quelqu’un n’est pas n’importe qui : des entreprises puissantes, organisées, efficaces, avec des costumes et des cravates, des ordinateurs et des présentations, des chiffres et des argumentaires. Des sociétés internationales, qui tiennent le discours de la puissance, du professionnalisme, du bon sens. Elles vendent de la vidéosurveillance, de la reconnaissance faciale, des micros d’ambiance, des détecteurs de comportement suspects, des traitements de données Big Data, pour tranquilliser les rues, les transports en commun, les polices municipales, et les maires.

Ces entreprises ont des noms : Thalès, Engie Inéo, IBM, Huawei…
Elles ont des intérêts commerciaux gigantesques, les villes sont pour elles un énorme marché mondial à conquérir, et elles déploient en direction des « villes-pilotes » mille stratégies de séduction. Cet espace est le leur.

Cartographie des entreprises

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Cisco, Engie Ineo, Huawei, IBM et Serenicity