Marseille

Observatoire de la tranquillité publique

En décembre 2017, la mairie de Marseille a annoncé le début du déploiement de son « Observatoire Big Data de la tranquillité publique » à l’issue d’un appel d’offre remporté par l’entreprise Engie Inéo, leader du marché de la vidéosurveillance. Le projet marseillais promet une vaste plateforme d’intégration basée « sur les méthodes de Big Data » et de « machine learning », capable d’« analyser ce qui s’est passé (hier) », d’« apprécier la situation actuelle » (aujourd’hui) », et d’« anticiper la situation future ou probable (demain) ». L’outil agrégera en effet de multiples bases de données structurées et non-structurées, notamment celle de la Délégation Générale de la Sécurité (DGSEC) de la ville de Marseille, qui répertorie toutes les mains courantes, les verbalisations, et bien d’autres données géolocalisées récoltées par les acteurs municipaux de la sécurité.

À cela s’ajouteront les flux du vaste réseau de vidéo-surveillance rendu « intelligent » grâce au traitement de l’image (2000 caméras à terme, et demain des drones), les données des hôpitaux publics, les données publiées par les foules sur les réseaux sociaux (Twitter et Facebook sont mentionnés page 22 du CCTP). Sans compter les jeux de données fournis par les partenaires externes de la ville, qu’il s’agisse d’autres collectivités, de l’État ou des partenaires privés (opérateurs télécoms, etc.), qu’Engie Inéo aura pour mission de démarcher.

Il y a de quoi faire. Enfin, le « crowdsourcing » est également de mise. Si l’on en croit un document du marché public, « chaque citoyen » pourra « fournir en temps réel des informations (texto, vidéo, photo, vitesse de déplacement, niveau de stress, …) via une application sur smartphone ou des objets connectés ». Grâce à toutes ces données, la ville souhaite donc analyser automatiquement les « incidents » grâce à des algorithmes portant sur « leur contexte et leur cause », sur la « détection et l’investigation des comportements anormaux », sur la « géolocalisation des points
dits « chauds » de la ville ».

Durée

2018-2021

Financement(s)

1,8 million d’euros sont pour l’instant mis sur la table. L’essentiel de cette somme vient de la ville et des autres collectivités locales, mais l’Union européenne apporte également 600 000 euros via les fonds de développement régional FEDER.

Vidéo-surveillance automatisée avec la SNEF

En janvier 2020, il a été révélé que la ville de Marseille comptait mettre en place un système de vidéosurveillance automatisée avec l’entreprise SNEF prévoyant notamment la détection de comportements anormaux, suivi de silhouettes ou d’individus, captations sonores…

Reconnaissance faciale dans les lycées

En 2019, le lycée Ampère de Marseille a été un des lycées sélectionnés par la région PACA pour expérimenter un dispositif de reconnaissance faciale à l’entrée de l’établissement. Après un recours de La Quadrature du Net et d’autres associations devant le tribunal administratif de Marseille, cette expérimentation a été annulée.

Sources:

Cette fiche a été rédigée en partie grâce aux informations inscrite sur l’outil Carré de Technopolice, n’hésitez pas à la compléter et à la mettre à jour.

Plus d'infos sur :

Big Data et Thalès