Strasbourg

Mouchards dans la rue

2014

Des « capteurs sonores » (qu’on pourrait appeler tout simplement « micros ») sont présents à Strasbourg depuis 2014. Ils ont été installés dans le cadre d’une mission “Bruits et nuisances sonores” qui a notamment pour objectif de quantifier les “nuisance sonores”.

On peut lire dans le compte-rendu du conseil municipal de 2015 : « En complément de ces actions ont été mis en place l’an dernier, à titre expérimental, des capteurs sonores couplés à des caméras de vidéoprotection sur trois places du centre ville (les places Gutenberg, Zurich et Saint-Étienne). Au-delà de seuils définis, le capteur émet une alarme au centre de supervision vidéo qui procède à une levée de doute visuelle. Ces outils permettent de confirmer ou non la réalité d’une nuisance avant la mobilisation des forces de police sur site.» [1]

2020

Selon l’AN2V page 65 « Strasbourg expérimente actuellement des capteurs permettant de détecter une signature sonore correspondant à une situation pouvant porter atteinte à la tranquillité publique, dans le cadre de la vie nocturne. L’alerte donnée par le dispositif permet ensuite d’effectuer une levée de doute grâce aux caméras situées à proximité du capteur sonore.» [2]

La mission Bruits et nuisances sonores, censées être expérimentale et donc limitée dans le temps, est apparemment entrée dans les usages quotidiens de la police à Strasbourg.

Vidéosurveillance automatisée (VSA)

Toujours dans le guide du syndicat de la vidéosurveillance, on peut lire, concernant la vidéosurveillance à Strasbourg, que « l’exploitation des images a posteriori intègre une aide au visionnage, par le biais d’un logiciel dédié à la recherche intelligente s’appuyant sur l’analyse d’image ».

Il pourrait s’agir du logiciel Video Synopsis de la société israélienne Briefcam, déjà répandu dans plusieurs dizaines de villes en France, qui permet de faire des recherches par attributs (une personne avec un sac rouge par exemple) et qui, en 2020, a sorti sa version 5.3, qui intègre la reconnaissance faciale [voir Guide AN2V 2020, page 65]

Interopérabilité des différents parcs de caméras

Le CSV ( le Centre de supervision vidéo de l’Eurométropole c’est à dire le CSU de l’Agglo) gère un parc de 709 caméras de vidéosurveillance (en février 2020).

397 caméras sont présentes sur la voie publique et 312 dans les lieux métropolitains accueillants du publics. « En effet, d’une part, le régime juridique diffère et, d’autre part,l’utilisation métier par le centre vidéo varie puisque seules les caméras visionnant la voie publique ont vocation à être manipulées en direct. De plus, parmi ces dernières, c’est le raccordement en fibre EMS qui permet le renvoi d’images instantané vers les partenaires de police et gendarmerie (cf. annexe chiffrée).» [3]

En outre, le CSV a déployé un opérateur vidéo sur le poste déporté en salle de crise (Mosovo) de la Police nationale à plus de 15 reprises en 2019 pour le suivi des grandes manifestations et visites officielles. A l’inverse, lors des nombreuses manifestations de Gilets jaunes, la Police nationale a privilégié la mise à disposition de 2 enquêteurs présents physiquement au CSV pour orienter ou guider les forces de terrain au maintien de l’ordre.

« Expérimentation » de la vidéoverbalisation

D’après le guide AN2V 2020 (page 64) en mai 2019, la municipalité strasbourgeoise a mis en place un dispositif de vidéoverbalisation « à titre expérimental », par les agents de la police municipale. Derrière les caméras de la ville, les policiers scrutent chaque infractions au code de la route, au mauvais stationnement, et envoient des amendes via la lecture de la plaque d’immatriculation de la voiture. Cela nécessite d’avoir des caméras fonctionnelles et de bonnes qualités. Selon le média Alsace20, 143 caméras ont été équipées, ciblant notamment le stationnement gênant et l’usage de la voie des bus[4]. C’est l’entreprise française CASD et son logiciel VisiMax qui permet cette vidéoverbalisation.

Ces dernières années, on a vu se multiplier la vidéoverbalisation des voitures par caméras de vidéosurveillance. Alors que l’installation de ces dernières n’avaient clairement pas vocation à mettre des amendes pour mauvais stationnement, il semble que les municipalités et industriels aient trouvé un débouché à l’immense parc de vidéosurveillance des villes. Et pourquoi pas une manière de le rentabiliser et de l’entretenir, car la vidéosurveillance coûte très cher.

Financement(s)

Coût juste pour l’année 2018 : 436 000 € en fonctionnement pour la maintenance système ;- 638 000 € en travaux d’investissement pour le renouvellement et l’extension des équipements ;- 1.2 M € en frais de personnel.
Au total : 2, 274 millions d’euros sur l’année 2018 [5]

Sources

Cette fiche a été rédigée en partie grâce aux informations inscrite sur l’outil Carré de Technopolice, n’hésitez pas à la compléter et à la mettre à jour.